BARRY CRYER
Purple People Eather (Ch.Wooley)
Hey! Eula (A.North/S.Cohn)
45 tours Fontana 267 029 France 1958
Genre: Rock and roll
Barry Cryer compositeur et comédien anglais né à Leeds (Angleterre) en 1935 enregistre en 1958 dans le plus pur style R&B à la Scremin’ Jay Hawkins « Hey ! Eula ». Cette composition d’Alex North figure au générique du film de 1958 “ The long, hot summer ” (“ Les feux de l’été ”) avec Paul Newman.
George Aber va adapter la chanson rebaptisée “Hey youla” pour Claude Piron le futur Danny Boy. Ce morceau très Rhythm and Blues est sans doute l’un des meilleurs premiers rocks en français, il est également enregistré par Moustache et Gabriel Dalar. La face A du 45 tours de Barry Cryer est la reprise du méga hit de l’été 1958 « The Purple People Eater » N° 1 Pop américain pour Sheb Wooley, la version de Barry Cryer qui fut parait’il classée au top des meilleurs ventes pendant trois semaines en Finlande est toute aussi déjantée que "Hey ! Eula". En France c’est Boris Vian qui se charge de transcrire la chanson gag de Wooley et en fait et le loufoque et génial “Croque-crane creux ” pour son protégé Gabriel Dalar.
Les deux faces de ce simple de Barry Cryer sont aussi parus sous la forme d'un EP Fontana 465029 avec en face B les deux titres du premier disque du chanteur de Liverpool Mal Perry "Lollipop/Love Me Again"
(merci Mr Bear pour le scan)
DISCOGRAPHIE UK
The Purple People Eater/Hey! Eula Fontana H 139 (1958)
Nothin' Shakin/Seven Daughters Fontana H 151 (1958)
Angelina/Kissin Fontana H 177 (1959)
Petite histoire des pionniers méconnus du Tex Mex Mando & the Chili Peppers
L’histoire de ce combo est liée à celle Armendo Almendarez alias Mando, ce dernier a démarré sa carrière musicale en jouant de l’accordéon avec le Conjuto San Antonio Alegre et le Conjuto Mexico avec son compère Jesse « Chucho » Perales au bajo sexto. Le bajo sexto est une guitare de fabrication instrumentale qui est avec l’accordéon l’instrument de base du style conjunto, formé de petits ensembles de trois ou quatre musiciens dont le rythme de base est la Polka. Mando et ses Conjuntos font de nombreux enregistrements sur des petits labels tel : Rio, Corona ,Ideal (3 enregistrements de cette période figurent sur le CD « San Antonio’s Conjutos in the 50’s » Arhoolie 376) On y trouve « My Dolorcito » qui date de 1954 qui est une mixture de jump blues, western swing et guitare flamenco et leur version de « Boppin’ the rock » du roi du zydeco Clifton Chenier enregistrée en 1955 sous le nom de Almendarez & the Conjunto Mexico et qui à l’époque fut publié avec en face B la reprise de « Maybellene » de Chuck Berry sur le label Rio Record.
Puis Mando troque son accordéon pour une guitare basse et son pote Chucho abandonne le bajo sexto pour une guitare électrique et ils se rebaptisent Mando & the Latineer. Cette formation est composé de : Mando, Chucho, Rudy Martinez (piano) Juventino « Joe » Elizondo (saxophone) et Abel Garcia (drums) Les Latineers se mettent au rock and roll et inscrivent à leur répertoire des titres comme : « Just because » de Lloyd Price, « Lucille » tout en jouant polka et boléros
En 1956, ils animent leur propre show TV « Rock’n’Roll » sur la chaîne KCOR à San Antonio. Les Latineers se déplacent dans leur limousine noire Packard pour des concerts à Las Vegas et à Denver. En tournée il font la connaissance de Clark Galehouse le patron du label new-yorkais Golden Crest qui leur fait enregistrer en 1957 sous le nom de Mando & the Chili Peppers un 45 tours qui a la flaveur du R&B de la Nouvel Orléans pratiqué par Fats Domino avec une reprise du vieux standard « South of the Border » et la ballade « Don’t say Goodnight ». Suivra l’enregistrement d’un album « On the Road With Rock’n’Roll » fusionnant la musique country, conjuto et R&B. On y trouve une flopée de covers de vieux hits country auxquels ils ont donné un traitement R&B: « Candy Kisse » immense succès country de 1949, le classique de Bob Wills « San Antonio Rose », « I’m Walkin’ The Floor Over You » d’Ernest Tubb, « There’s a New Moon Over My Shoulder” de Jimmy Davis;, l’humoriste mambo « I Love To Eat Chil In Chili » composé par un flic de Denver, une reprise "Cherry Pie" de Marvin and Johnny et des versions rythmées de standard pop « Someday » ou « Harbor Lights »
Il y a quelques originaux comme la ballade “Why Can It Be” toujours dans le style caractéristique de la Cresent City, le rock and Roll “Swingin Baby “ et le sommet du disque une version instrumentale de « Congo Mombo » du louisianais Guitar Gable que ce dernier avait enregistré pour Excello en 1956. Le Lp est publié avec une magnifique pochette où on les voie sur la route avec leur limousine.
En 1959, après un long séjour en Californie la formation se sépare et restera longtemps un mystère pour les historiens du rock.
Pendant ce temps, Mando et Chucho entament une nouvelle carrière musicale, ils s’installent à Chicago ou ils travaillent avec un nouveau batteur chicanos et le saxophoniste noir Chuck Smith. Ayant fait la connaissance d’Eddy Clearwater par l’intermédiaire de Chuck, Mando va jouer de la basse et participer a de nombreux enregistrements avec Eddy Clearwater.En 1998, le label anglais Ace a réédité en CD (Ace 684) cette pièce historique avec en bonus quatre titres de la période 1957/58 qui ne figuraient pas sur le 33 tours et leur 45 tours de 1955 ; « Boppin’ the Rock » / « Maybellene »
Après un break de 46 ans Mando et ses Chilli Peppers refont surface à l’occasion du Ponderosa Stomp en 2005, un festival qui célèbre les musiques roots à New Orleans
CHAN ROMERO
"Je veux danser avec la fille qui me plait…et tu le sais c'est toi la fille qui me plait »
En juin 1959, un jeune chicanos de 18 ans enregistre une de ses compositions « Hippy hippy shake » un rock irrésistible ignoré dans son pays mais qui sera porté au pinacle par les combos de Liverpool.
Chan Romero de son vrai nom Robert Lee Romero né le 7 juillet 1941 à Billings Montana de parents mexicains et indiens eut la révélation en voyant le King chanter « houng dog » dans le Steve Allen Show en1956 . Mais c'est en découvrant son semblable Ritchie Valens avec « Come on let's go » qu'il compose sa chanson au texte minimaliste « Hippy Hippy Shake »
Grâce à un Dee Jay du coin Don Redfield, il enregistre une bande démo que Don envoie chez Del Phi le label de Ritchie Valens. Le boss Bob Keane impressionné le convoque à Los Angeles avec l'ambition d'en faire un nouveau Ritchie Valens qui venait de disparaître tragiquement en février dans le crash du petit coucou avec Buddy Holly. C'est dans le légendaire Gold Star Studio qu'il enregistre son « Hippy hippy shake » accompagné par les mêmes musiciens qui jouèrent derrière Ritchie Valens : Rene Hall (lead guitar), Irving Ashby (bass) Barney Kissel ( rhythm guitar) Earl Palmer (drums) ; Le single est publié avec la traditionnelle ballade en face B « If i had a way » . Malgré un bon accueil, il ne se classera pas dans les charts américains.
Hippy hippy shake de Chan Romero aura un certain impact en Australie ou il effectuera une tournée en 1960 avec Jerry Lee Lewis. Columbia distribuera le disque en Angleterre en 1959. En septembre de cette année Chan Romero retourne dans les studios pour son second single qui est dans la même veine que le premier une face rock an roll et une face ballade sans plus de résultat !
Curieusement le premier qui reprendra « Hippy hippy shake » sera le hurlatori italien Little Tony lors de son escapade anglaise en 1959 suite a sa rencontre avec le producteur Jack Good . Sa version fut même proposée aux oreilles françaises sur son quatrième EP publié par le label Pop en1960. Arrivé un peu trop tôt dans l'arène du rock and twist « Hippy hippy shake » ne sera vraiment découvert en France qu'en 1964 avec la version française des Lionceaux qui l'avaient emprunté au Swingin Blue Jeans
Les Lionceaux avaient connut leur heure de gloire en bataillant pour la coupe age tendre dans l'émission télé Age tendre et tête de bois du gentillet Albert Raisner. Sur le petit écran les Lionceaux livrent bataille avec « Spotnick theme » dans le créneau instrumentale grande tendance de cette année 1963 contre les Bourgeois de Calais et gagnent la coupe trois mois d'affilés. Mais avec l'explosion du yéyé en France les maisons de disques ne voulaient plus d'orchestres, alors que paradoxalement de l'autre côté de la Manche les formations de Liverpool qui pratiquaient le chant à plusieurs voix triomphaient, démodant rapidement les Shadows référence vénérée des combos hexagonaux.
Lee Hallyday en bon opportuniste pris ces quatre provinciaux sous ses ailes pour en faire des Beatles à la française. En novembre 1963 Alain Hattat (guitare solo), J.C Dubois (basse), Michel Thaymond (guitare rythmique) et Bob Mathieu (batterie) enregistrent leur premier disque « Ton nom » d'après « Peter Gun ». La pochette les montre sautant en l'air dans des costumes étriqués à la Beatles. Leur second EP est entièrement consacré au fab four, et c'est sur le troisième alors que Papillon les a rejoint qu'ils reprennent « La fille qui me plait » Adapté par Frank Gérald, ce cri d'amour adolescent qui vous colle à la peau devient chouchou de la semaine dans Salut les copains, gage de succès! A noter, aussi la version d'un jeune rocker assez talentueux Gérard Brent qui sera occultée par le succès des rémois.
Les Swinging Blue Jeans comme tous les groupes de merseybeat de Liverpool vénéraient les rockers et les chanteurs de R&B américains adoptèrent « hippy hippy shake », les Beatles l'interprétaient au Star club avant de le graver pour la BBC, leurs concurrents Gerry & the Pacemaker, Searchers, Merseybeats l'avaient également à leur répertoire
Les Swingin Blue Jeans, un ex combo de skiffle de Liverpool qui avait fait ses classes au Star club de Hambourg placeront « Hippy hippy shake » à la seconde place des classements anglais le mois décembre 1963 une ascension au top qui ne fut stoppé que par l'imprenable « I want to hold your hand » des Beatles. Quelques mois plus tard, le mois d'avril 1964 la reprise de « Hippy hippy shake » des Swingin Blue Jeans se classera N°24 des charts Pop aux USA. Billy Fury l'un des rockers anglais les plus authentiques l'enregistrera sans succès en 1964. Dans les années 80 quelques groupes de rockabilly reprendront le titre et Chan Roméro redécouvert sur le tard se produira en Europe lors de festival de rock and roll revival. En 1988 les Georgia Satellites interprètent « Hippy hippy shake » dans le film Cocktail. En 1995 est publié par le label Del –Fi un CD de 15 titres de Chan Romero comprenant tous ses enregistrements studios et sept titres live enregistrés à Los Angeles le mois d'avril 1959.
Discographie
Chan Romero :
*Hippy hippy shake /If i had a way Delphi USA 1959
*Hippy hippy shake /If i had a way Columbia 4341 UK
*Chan Romero CD 15 titres Del-Fi 71251 2 USA 1995
*Chan Romero CD 10 titres Collectable USA 2006
Little Tony:
*The hippy hippy shake/hey little girl Decca 1164 UK 1959
*The hippy hippy shake/Hey little girl Duruim 6682 Italie 1959
* I can't help it/Arrivederci
The hippy hippy shake/Hey litlle girl EP Pop 3012 Fr 1960
Beatles:
*Live at the Star club Hamburg 1962 Lingason RFA 1977
*Live at BBC 2 CD Apple 7243 831796 2 6 UK 1994
Swingin Blue Jeans :
*Hippy hippy shake/Now I must go HMV POP 1242 UK 1963
*Hippy hippy shake/Do you know
Too late now/Now I must go EP La voix de son maitre 707 France 1964 (réédition CD EP par Magic records)
Billy Fury :
*Hippy hippy shake/Glad all over Decca 40719 UK 1964
Lionceaux:
* Je ne peux l'acheter:La nuit n'en finit plus
La fille qui me plait/Je suis fou Mercury 152014 France 1964
*Le rock c'est ça CD Polygram 842057 (28 titres) France 1990
*Twistin the rock vol.16 CD Mercury 548 931 (29 titres) France 2002
Gérard Brent :
*La fille qui me plait/Pas de larmes entre nous
Comment veux tu que je t'oublie/J'ai bien tord Columbia 1530 France 1964 (Réédition : cd EP)